Développer le négatif pour en tirer le positif

La première trajectoire est celle de la facilité mais aussi celle de la dérive. La deuxième est plus complexe et demande du courage, mais elle assure un bien être libérateur.

Toute ma vie, j’ai choisi la deuxième option alors que la première était sans cesse à ma portée. Oh oui, j’ai eu mille fois l’opportunité de m’en mettre plein les narines ou de prendre un cachet au dessin rigolo pour  m’évader. Mais j’ai refusé d’emprunter cette voie, préférant affronter l’ennemi (la douleur) avoir mal une bonne fois pour toute et en décidant à chaque fois de donner un bon coup de pied au fond de la piscine pour rebondir.

La résilience est un processus qui comporte plusieurs étapes préalable, il faut être prêt à changer, à faire le deuil de ce que l’on a été ou de ce que l’on a connu.

schema resilience

Je vais vous livrer ici comment j’ai toujours réussi à faire face aux quelques difficultés dans ma vie  telles qu’avoir une mère mal aimante et ne pas être une enfant désirée, vivre avec son père malade et le perdre au moment de fêter ses 18 ans, passer 10 ans de sa vie avec un hommes aux multiples addictions, vivre le cancer de sa mère et devoir s’occuper d’elle au moment où sa mémoire lui fait défaut, vivre la discrimination dans un territoire français dans le cadre de mon expatriation et le harcèlement au travail, vivre un burn out et les prémisses d’une dépression ….

Pour chaque traumatisme de vie que j’ai vécu, une fois que j’ai pris conscience de ce qui est en train de m’arriver, j’ai un besoin immense de chercher à comprendre. Donc je  vais lire et écrire sur la situation vécue pour trouver des solutions. J’ai besoin d’une immersion au plus profond de mes sentiments pour pouvoir me relever (je suis capable d’écouter du Mano Solo à en chialer pendant des heures)

Pour rompre avec l’homme avec qui j’ai vécu pendant 10 ans, j’ai pris une semaine de recul dans un appartement que l’on m’avait prêté, avec un ordinateur, un cahier et des livres. J’ai retracé notre histoire, j’ai laissé exprimer ce que je ressentais en le couchant sur le papier, j’ai lu pour comparer des expériences vécues par d’autres,  j’ai commencé à comprendre, et j’ai ensuite commencé à y voir plus clair sur la décision à prendre. Tout ceci sur un fond musical des artistes qui font vibrer mes émotions. 

Une fois passée cette immersion en moi-même vient le besoin du changement. J’ai généralement un besoin immense d’exploration et de découverte. Un besoin de découvrir de nouvelles choses et de m’exprimer de manière créative.

Pour poursuivre sur l’exemple de ma rupture, je lui ai annoncé que le quittais, le lendemain je prenais l’avion pour rejoindre mon meilleur ami, sa compagne et un autre ami à Amsterdam. J’ai passé une semaine à explorer la ville, à prendre des photos de street art et à apprendre à dessiner dans la rue.

C’est généralement après cette transition que je retrouve un grand sentiment de liberté et que mon esprit est prêt à vivre de nouvelles aventures en dessinant mon nouveau chemin. Comme si chaque traumatisme m’obligeait à une nouvelle introspection intérieure pour me réinterroger : qui suis-je ? où vais-je ? que fais-je ?

Ces etapes de vie me permettent de construire des ressources intérieures pour être en capacité de les remobiliser au cas où je vivrais un nouveau traumatisme. Je vis chaque étape douloureuse comme une opportunité de renaitre plus forte. Malgré mon ultra sensibilité, je pratique l’humour pour trouver le comique au milieu de la tragédie.

Et vous, est-ce que comme moi vous développez le négatif pour en tirer le positif ?

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10 réflexions sur “Développer le négatif pour en tirer le positif

  1. J’aime rta façon de lier la photographie à un developpement psychologique très intéressant. Article qui en plus d’être intéressant est émouvant. Je suis comme toi, je choisis toujours de sortir de mes situations par le positif. Ceci-dit, je crois que je suis chanceuse et n’ai jamais vécu de gros drame… Le positif attire cependant le positif et je crois que toutes les personnes qui s’en donnent les moyens finissent par vivre une belle vie au bout du compte. Pour revenir sur tes photos, j’aime le fait qu’elles soient en parfait accord avec ce que tu écris. Ma préférence va cependant très largement à la première que je trouve très poétique ! bravo. J’aime aussi celle de la cocote aux beaux contrastes. Bravo pour cet exercice, j’ai hâte de voir ce que tu nous réserve avec « au dessus de ma tête » 😉 Bonne soirée

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    • Merci beaucoup pour ton retour qui m’encourage vivement à poursuivre. Et merci de m’avoir donné cet élan créatif avec ce défi. Je suis sur la blogosphère depuis moins de 3 mois et j’avoue que je prend plaisir à écrire et à aiguiser mon œil photographique, et encore plus quand je me rend compte que ca peut toucher les gens qui le lisent.

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  2. J’aime beaucoup ton point de vue que je partage totalement.
    Je pense que chaque chose qui nous arrive dans la vie a du sens; beaucoup sont outrées par cette philosophie et remettent systématiquement les décès ou autres choses violentes sur la table. Chaque événement nous apporte une expérience, à nous ensuite de choisir quoi en faire. Généralement, elles nous apprennent à se découvrir.

    Je pense que tout est toujours au mieux en fait 🙂

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  3. Superbe article. J’avoue que rester dans le positif n’est pas toujours facile. Et justement c’est pour cela que le chemin en vaut la peine. J’ai aussi le livre ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une sur ma table de chevet. Je pense que c’est un peu en lien avec l’article que tu écris. Superbe photo.
    Bisous

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  4. Coucou 🙂
    Très bon article sur un sujet qui le touche beaucoup.

    En effet je suis comme toi, enfant non voulut, mère handicapée (mentalement) , la dass (enfin ASE), foyer, beau pere violent avec de terribles adddictions, un coté nerd et pas à l’aise à l’ecole… Une adolescence compliquées…

    Puis ma santé est partie en sucette gravement en sucette, le pauvre avec le mal être, les choc, la violence dans mon cerveau, ce qui corps qui avait tout juste 21 ans à craquer…

    Enorme embolie + developpement d’une maladie auto-immune (comme c’est étrange), puis grace au psy de l’hopital, moi qui me croyait faible, fragile, inutile et bien chiante, j’ai découvert Cyrulnik avec la notion de résilience…

    On m’a dit que j’etais resiliante avec tout ce parcours non voulut… Puis on va dire qu’avec le corps qui lache, j’etais en roue libre pendant 5´ans.. Mais là j’ai compris comme gerer la resilience, comment comprendre mon corps, le respecter… Me respecter…

    Je sus toujours en plein travail, j’avance, je tombe, je recul, j’avance mais je tombe jamais longtemps c’est ça être résilient… J’analyse, je travail sur tout ça, je me prend bien la tête.. Je regarde des films tristes, j’ecoute de la musique et ça repart

    Je lutte pour ne pas me comparer aux autres, on est tous différents… Moi encore plus, toi aussi avec le parcours que l’on a eu… On n’a rien dans la « normalité » c’est notre force…

    Tiens ça me fait pensés qu’il faudrait que j’en parle sur mon blog 🙂 de mon « parcours »

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  5. Pingback: Le Why Café | Julie Cahier

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