Le conflit, la femme et la mère – Élisabeth Badinter

LE CONFLIT-exe.indd, page 1 @ PreflightCe livre m’a été conseillé par une collègue de boulot suite à notre participation à un séminaire sur l’émancipation de la femme où à la sortie elle me dit : « tu sais moi je ne crois pas du tout à l’instinct maternel, je suis d’accord avec Élisabeth Badinter. Si tu veux je te prête son livre pour en savoir plus »

Bien sur que je veux en savoir plus, rappelez vous mon article « être mère un jour ?« , je suis justement torturée depuis des années par le fait de ne pas ressentir cet instinct maternel.

Ce livre déroule un historique de la place des femmes et de la maternité (ou pas) dans leur vie. En filigrane, l’auteur positionne la maternité comme un frein à l’émancipation de la femme. Sur fond de culpabilité, elle souligne que la société conditionne les femmes sur leur rôle à tenir en tant que mère.  Et elle fait éclater le vernis de l’image des femmes qui s’accomplissent pleinement dans leur rôle de mère.

Élisabeth Badinter ose évoquer l’idée que les femmes sont aveuglées en pensant qu’être mère peut leur apporter un épanouissement total, et qu’un jour elles font toutes « le calcul des plaisirs et des peines », ce qui les conduit bien souvent vers un désenchantement douloureux qu’elles n’avouent pas.

Ces interrogations amènent à une question  du choix de devenir mère (ou pas) dans sa vie.  Ou bien comment se fait ce choix. J’ai notamment découvert dans ce livre la tendance des femmes « childfree » et « childless ». Pourquoi fait-on des enfants ? Est-ce que les parents se posent vraiment cette question de façon existentielle avant de projeter un être nouveau dans ce monde ? J’aimerais bien connaitre leur sentiment profond sur l’écart entre la réalité vécue et la raison initiale de leur choix.

Je me pose aussi cette question car je vois beaucoup de mères épuisées autour de moi, j’ai l’impression parfois que ce n’est pas de cette manière qu’elles envisageaient ce rôle de maman. Ca me fait un peu peur plus que ca ne me donne envie. Est-ce que secrètement,  comme le suggère Élisabeth Badinter, ces femmes font parfois un constat d’échec et auraient aimé vivre plus pour elle, plus libre ?

35 ans depuis hier et la question du choix d’être mère en cadeau. Cela me trotte dans la tête depuis quelques jours tel un tic tac d’horloge me rappelant que le temps passe. « est ce que j’ai envie de connaitre cette expérience ? » Comme toujours je suis en train d’intellectualiser une question qui pour la plupart des femmes est plutôt appréhendée sous l’angle naturaliste.

Pas facile de faire des choix de vie quand on pense trop, la zebritude est un frein. Mais je me soigne, j’expérimente en ce moment la méditation de pleine conscience. Et je me dis que  vivre l’expérience d’une grossesse pourrait être pour moi la plus grande expérience de lâcher prise de toute une vie. Je serais alors obligée d’accueillir l’instant présent et de lutter contre ma tokophobie (du grec tokos « accouchement», et phobos, « peur »)

Je n’ai pas d’avis tranché sur la notion d’instinct maternel (je me dis qu’on peut se surprendre soi-même), mais je crois que je ne suis pas prête à ce que ma vie soit aliénée à la vie d’un enfant. Femme et/ou mère, notion en conflit selon Badinter, et vous, pensez vous qu’il soit possible de concilier émancipation personnelle et vie de mère ?

 

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